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 Mon chien est une poule, pas un loup : Mythe ou réalité? par Jérémy Anso

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MessageSujet: Mon chien est une poule, pas un loup : Mythe ou réalité? par Jérémy Anso   Mar 6 Aoû - 13:03

 Mon chien est une Poule, pas un Loup: Mythe ou Réalité ?



L’origine du mythe

Les sociétés qui commercialisent des denrées alimentaires pour chiens et chats (croquettes et pâtés) sont les premières à véhiculer l’idée que nos chiens (et même nos chats) doivent manger comme des poules, et non comme des loups.

Pour vérifier ces informations, l’internaute moyen utilisera les mots clés « chien – carnivore – omnivore », et tombera inéluctablement sur la page Wikipédia dédiée au chien.
 
Dans la catégorie « alimentation » de cette page, on peut lire d’emblée :
« Le chien domestique est un carnivore à tendance omnivore »
Pour appuyer cette affirmation, l’auteur de la page Wikipédia a utilisé les informations du site Gralon.net, qui est en fait un guide touristique, culturel et un annuaire internet. Dans la catégorie dédiée à la santé animale, il existe un article sur le régime alimentaire du chien.

L’un des paragraphes de cet article s’intitule « Le chien est-il omnivore » et l’auteur de l’article de Gralon.net répond ceci :
« Les chiens sont parfois considérés comme omnivores, dans la mesure où ils peuvent accepter une alimentation très proche de celle de leurs maîtres. En fait, les chiens, même s’ils raffolent souvent des yaourts et autres friandises sont des carnivores à tendance omnivore, de telle sorte que la moitié au moins de l’alimentation du chien devrait être constituée de viande. »

Est-il possible de donner une définition aussi incomplète, anecdotique et fausse sur la nature du régime alimentaire du chien ? (Ce serait difficile)
Pourquoi l’auteur de l’article sur le chien sur Wikipédia s’est-il servi de cette article, ô combien incomplet et non-avenue ?

Un être vivant ne peut pas, aujourd’hui, être classé dans telle ou telle catégorie par le simple fait qu’il soit « capable » de manger ou « d’accepter » une alimentation particulière.

L’article de Wikipédia enchaîne sur cette phrase : 
« […] cependant il est parfois considéré comme étant réellement omnivore, du fait de son comportement opportuniste […] »

Aucune référence, aucune preuve scientifique, rien, si ce n’est le fait de dire que le chien est « réellement omnivore ».
Malheureusement, les vétérinaires (donc les personnes les plus qualifiés pour parler des animaux de compagnie) s’empressent de qualifier Médor d’omnivore. J’en prend pour preuve l’Encyclopédie de la nutrition clinique féline (édité avec le soutien de Royal Canin) écrit par 3 vétérinaires sur le comportement alimentaire du chat qui prétend que le chien est un omnivore.

Dans un tableau qui liste les principales différences du comportement alimentaire du chien et du chat, on peut y lire que le chat est un carnivore strict tandis que le chien est un « omnivore » (p.445).

Faut-il croire ces vétérinaires sous la direction de l’équipe de Royal Canin, qui vend des croquettes à base de céréales ?

D’autres justifieront « l’omnivorie » du chien à cause de la domestication qu’il a subi par l’Homme il y a fort longtemps. Ce contact rapproché aurait entraîné un partage du régime alimentaire des deux espèces, et donc une évolution de l’alimentation du chien avec des céréales, plus de glucides et moins de protéines animales.

Des études éclatantes viennent parfois infirmer ou confirmer la théorie du chien omnivore, c’est notamment le cas d’une étude très récente parue dans le très célèbre journal Nature (1). Cette étude publiée en mars 2013 aurait identifiée 10 gènes issus de la domestication du chien avec des « rôles clés dans la digestion de l’amidon et du métabolisme lipidique ».
Bien que les auteurs n’aient en réalité trouvé que 2 gènes « candidats » dans le métabolisme de l’amidon, et qu’ils indiquent que le chien domestique devait bien supporter un régime alimentaire relativement plus riche en amidon que celui des loups, ils intitulent tout de même leur publication :

« La signature génomique du chien domestique révèle une adaptation à un régime riche en amidon »

Le pire dans cette histoire de chien omnivore, c’est avec les croquettes industrielles.


Quand les croquettes vérifient le mythe

La grande majorité des propriétaires d’animaux de compagnie ont recours aux croquettes pour les nourrir quotidiennement. De ce fait, la grande majorité des propriétaires d’animaux de compagnie les nourrissent comme des poules, et même en pire.
Les propriétaires avertis savent que les croquettes industrielles sont principalement composées de céréales, comme le blé ou le maïs, avec une importante part de protéines végétales, et une part réduite de protéines animales, les plus intéressantes pour l’animal.

Si je prends l’exemple d’un « excellent » produit, Pro Plan de Purina, pour les chiens séniors de plus de 7 ans, voici la liste des 6 premiers ingrédients :
Poulet (14%), sous-produits de volaille, gluten de maïs, blé, maïs et riz (12%).
Ces ingrédients composent au moins les ¾ de la croquette, le reste composé de pulpe de betterave, de graisse animale ou de gluten de blé la complète.

On peut aisément estimer les pourcentages des ingrédients masqués, maïs (12,4%), blé (12,8%) et gluten de maïs (13.2). On rajoute à cela le riz (12%), et on obtient une croquette composé à plus de 50% de céréales et de riz (plus d’un tiers par des céréales).

Selon toute vraisemblance (et Wikipédia), l’alimentation du chien devrait être au moins composée pour la moitié de viande. Ici, on atteint péniblement les 28%.

Cet exemple n’est pas un cas isolé, toute la gamme Pro Plan vous propose de nourrir votre Médor (ou votre Gros Minet) comme une poule, tranquillement et sans rien dire (comme 80% des marques du marché, d’ailleurs).


La réalité anatomique et physiologique du chien

Votre chien ressemble-t-il à une poule ? Une poule qui jappe peut-être ? Non, ne vous trompez pas lorsque vous regarder votre bête à poils : c’est un carnassier, pas un granivore.



Morphologie et mâchoire

La morphologie du chien est bâtie pour la course et la lutte contre une proie. Sa musculature très renforcée au niveau des joues, du cou et de la mâchoire lui permette d’attraper et de maintenir une proie au sol, pendant que sa puissante mâchoire déchiquette le corps de l’animal.

Justement, la mâchoire des chiens ne leur permet que des mouvements de bas en haut, contrairement aux ruminants et aux Hommes qui peuvent réaliser des mouvements latéraux afin de broyer des matières végétales par exemple.

La musculature générale des chiens, la puissance et la forme particulière de la mâchoire en « U » font d’eux des carnassiers « taillés » pour la chasse, et pour retirer le maximum d’éléments nourriciers sur leur proie.


Dentition 

Si l’on regarde de plus près dans la bouche de n’importe quel Médor, du labrador au chihuahua, n’importe quel propriétaire se rendra vite compte du caractère « carnivore » de sa dentition.

Les chiens, contrairement à nous les Hommes et même certains ours, ne possèdent pas de molaire (large et plate) pour broyer les matières végétales. Les canines et les incisives sont longues et pointues, tandis que les prémolaires et les molaires ne sont pas plates mais édentées, et pointues.

L’anatomie buccale d’un chien ne met absolument pas en évidence une alimentation à base de céréales ou de graines, mais tout le contraire. Toutes les dents d’un chien exhibent, encore une fois, son type de proie traditionnelle (gibiers, oiseaux, poissons, lapins, etc.) et la nature de son régime alimentaire (viande crue, os, abats).


Physiologie interne

L’anatomie interne des chiens domestiques est typiquement celle d’un carnivore. Premièrement, les chiens ne sécrètent pas d’amylase dans la salive pour démarrer le processus de dégradation de l’amidon, principalement contenu dans les céréales et le riz.
Deuxièmement, le trachus gastro-intestinal du chien est court, pour empêcher les proliférations bactériennes dans l’organisme et pour limiter la putréfaction de la viande assimilée.
En réalité, les chiens domestiques ne comptent que sur leur pancréas pour gérer tous les apports en amidons de leur alimentation. Il sature donc très vite dès que l’alimentation passe en mode « poule ».


Le chien est un loup domestiqué

Les sociétés commerciales et les professionnels intéressés par le profit des croquettes pour chiens à base de céréales vantent couramment la domestication du chien, et son adaptation relative à une nourriture riche en amidon. Ils pointent régulièrement du doigt les publications qui mettent avant les différences majeures entre les loups et les chiens domestiques.

Sauf qu’ils oublient de mentionner la très forte parenté entre le loup et le chien domestique, à hauteur de 99,8% pour l’ADN mitochondrial. La preuve la plus puissante à ce niveau là réside dans l’interfécondité des loups et des chiens, avec la naissance d’une descendance viable et féconde. Ces hybrides chiens-loups sont la preuve flagrante d’une proximité génétique majeure entre les loups et les chiens.


Finalement, les principaux attaquants du régime alimentaire sous forme de proie (les vendeurs de croquettes aux céréales principalement, et certains vétérinaires intéressés) arguent que le chien n’est plus un loup, alors pourquoi devrait-il manger comme lui ?
De la même manière qu’il est intéressant d’observer les populations humaines « sauvages » avec des alimentations traditionnelles, il est intéressant d’observer l’alimentation naturelle des meutes de chiens sauvages de part le monde.


En Amérique du sud, les bush dog se nourrissent de volailles, de lapins, de cailles, de rats, de poissons, de pigeons, de fruits et parfois d’herbes. Le chien sauvage (lycaon) d’Afrique mange des veaux, des chevaux, des cerfs, des chèvres, des lapins, du poisson, de la volaille et parfois de l’herbe (2).


Beaucoup plus proche de notre Médor familiale, les dingos d’Australie se nourrissent principalement de lapins, de marsupiaux (kangourous, wallaby wombat, souris marsupiale), de petits rongeurs, de veaux, d’oiseaux et d’œufs, de reptiles, d’insectes (surtout pour les jeunes) et de certains de fruits et baies (3).


Aujourd’hui, dans nos foyers, nos chiens et nos chats sont largement assimilés à des poules tandis que tous les éléments anatomiques, physiologiques, biologiques, historiques, et évolutifs démontrent son régime hautement carné, basé sur la chasse de proies animales (et non céréalières).





PS : cet article est parfaitement adaptable pour les chats « Mythe : mon chat est une Poule, pas un Lynx » 


Notes et références 

    The genomic signature of dog domestication reveals adaptation to a starch-rich diet. Erik Axelsson, Abhirami Ratnakumar, Maja-Louise Arendt, Khurram Maqbool, Matthew T. Webster, Michele Perloski, Olof Liberg, Jon M. Arnemo, Åke Hedhammar & Kerstin Lindblad-Toh. Nature 495, 360–364

    Lonsdale, T. 2001. Raw Meaty Bones. apendix B

    Comparaison des rations BARF (biologically appropried raw food) aux recommandations nutritionnelles du chien sain ou malade. Thèse vétérinaire de l’école nationales vétérinaires d’Alfort. 2011



   
Source : http://www.dur-a-avaler.com/chien-carnivore-omnivore-croquette-cereales-viande-loup-domestique/
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